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Traitement andropause

Au stade de l’andropause objectivée, le traitement majeur consiste à apporter au corps la testostérone qu’il ne peut plus fabriquer. D’autres mesures complémentaires pourront parfois dans un premier temps permettre de repousser le début du traitement puis ensuite d’en maximiser les effets. Il s’agira notamment de prendre en compte le style de vie (alimentation, prise en charge d’un surpoids, gestion du stress, activité physique…) ainsi que les raisons de vivre.

par Laurent Jacob (17/02/2012)

La supplémentation peut être apportée par différentes voies.

Voie orale.
- Peu recommandé pour le foie en particulier pour la supplémentation en testostérone.

Injection.
- Intramusculaires plusieurs fois par mois (Testostérone énanthate : Testoviron) ou tous les 3 mois (Nebido). Source de fluctuations très importantes dans les taux sanguins. Ne reproduit pas du tout les variations quotidiennes naturelles. Ceci peut d’une part augmenter la conversion en hormones féminines (estradiol) à éviter absolument et d’autre part entraîner des variations importantes de l’humeur, de l’énergie et de la libido.

- Dans de rares cas, lorsque la déficience est surtout d’origine haute (Hypophyse), un traitement à base de gonadotrophines chorioniques (HCG) par injections remplace les hormones hypophysaires déficientes. Le but ici n’est plus de fournir la testostérone que les testicules ne peuvent plus produire, mais de les stimuler à produire suffisamment.

Implants sous cutanés.
- Nécessite une petite intervention. Les taux seraient plus stables que pour les injections mais la dose ne peut pas être adaptée aux variations des besoins comme lors de la production naturelle.

Voie trans-dermique :
- Patch cutané. Surface de contact cutané trop réduite entrainant une saturation des récepteurs et encore une fois des taux peu stables ainsi que de fréquentes irritations locales.

- Gel à appliquer sur la peau. Selon mon expérience offre actuellement les meilleurs résultats pour la majorité, mais attention tous les gels ne sont pas équivalents. Le produit le plus connu est Androgel. Très faiblement dosé, la quantité à appliquer est (trop) importante. L’idéal sont les préparations magistrales personnalisées et suffisamment dosées. Il existe des critères très précis et importants à respecter pour l’application pour en garantir tous les bénéfices.

Remarques :
- Contrairement à une idée très répandue, il n’existe aucune preuve scientifique qu’un traitement bien conduit à la testostérone augmente le risque de cancer de la prostate.

- Par contre il existe de nombreuses publications montrant une augmentation du risque de maladies dégénératives ainsi qu’une mortalité plus élevée chez les patients âgés ayant des taux bas de testostérone.

Mise en garde : L’automédication est fortement déconseillée pour plusieurs raisons :

- L’adaptation des dosages est capitale pour les résultats mais aussi pour éviter les effets secondaires. De même la compréhension des spécificités enzymatiques de chacun est prépondérante pour le choix des produits et des modes d’administration.

- Ces produits sont soumis à une législation stricte et nécessite une prescription médicale. Les produits en vente "sous le manteau" n’offrent aucune garantie, ni d’effets réels ni d’absence de toxicité.

- Un examen de la prostate (toucher rectal ou échographie trans-abdominale) est nécessaire pour passer en revue les contre-indications avant toute prescription.

- Une surveillance biologique est indispensable après les 3 ou 4 mois premiers mois de l’initiation du traitement puis une fois par an ou fonction des besoins. Hormis le dosage de la testostérone, la surveillance des estrogènes et des taux de PSA et enfin de l’absence de polyglobulie (augmentation anormale des globules rouges) seront les critères clés à contrôler.

- Lorsqu’il repose sur une réelle insuffisance et après avoir écarté les rares contre-indications, ce traitement (en particulier les gels transdermaux) est pour la plupart très bien supporté et apporte de réels bénéfices.

Les écueils principaux à éviter :

- Transformation excessive de la testostérone apportée en hormones féminines. Cette transformation naturelle et utile dépend de l’équipement enzymatique de chacun et est stimulée par : Consommation d’alcool, surpoids, port de slips serrés, alimentation riche en phytoestrogènes (soja …) ou en sucres.
- Surdosage augmentant la survenue d’effets secondaires.
- Sous dosage entrainant la perte d’adhésion au traitement pour cause de mauvais résultat.
- Certains patients n’absorbent pas bien les gels, dans ce cas d’autres modes d’administration doivent être proposés.

Mesures complémentaires :

Il n’existe pas de pilule (ou de gel) miracle !

Une prise en charge de qualité doit toujours être globale et tenir compte de notre dimension humaine, émotionnelle, spirituelle, du contexte socioprofessionnel comme personnel et bien-sûr du mode de vie et chercher à les rééquilibrer quand nécessaire.

- Le mode alimentaire (consommation excessive de sucres, d’alcool, de café) ou de vie (tabac, stupéfiants).
- un surpoids important.
- Un manque flagrant d’activité physique.
- Un niveau de stress trop élevé avec ou sans troubles du sommeil.
- L’absence de motivation à vivre, des buts de vie peu attractifs, des scénarios de vie trop étriqués constituent autant de paramètres qui non pris en compte peuvent considérablement diminuer l’impact positif du traitement et augmenter les effets secondaires.

Références scientifiques en anglais :

- Effects of transdermal testosterone on bone and muscle in older men with low bioavailable testosterone levels.. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2001 May ;56(5):M266-72. Kenny AM, Prestwood KM, Gruman CA, Marcello KM, Raisz LG. Center on Aging, University of Connecticut Health Center, Farmington, 06030-5215, USA.

- Partial androgen deficiency, depression, and testosterone supplementation in aging men. Int J Endocrinol. 2012 ;2012:280724. Epub 2012 Jun 7. Amore M, Innamorati M, Costi S, Sher L, Girardi P, Pompili M. Department of Neurosciences, Institute of Psychiatry, University of Parma, Italy.

- A practical guide to male hypogonadism in the primary care setting. Int J Clin Pract. 2010 May ;64(6):682-96. Dandona P, Rosenberg MT. Division of Endocrinology, Diabetes and Metabolism, State University of New York at Buffalo and Kaleida Health, Buffalo, NY, USA.

- The Hormone Foundation’s Patient Guide to Testosterone Therapy in Adult Men with Androgen Deficiency Syndromes. Alvin M. Matsumoto, MD and Robert Vigersky, MD.

- Androgen replacement therapy : present and future. Drugs. 2004 ;64(17):1861-91. Gooren LJ, Bunck MC. Department of Endocrinology, Section of Andrology, VU University Medical Center, Amsterdam, The Netherlands.

- Advances in testosterone replacement therapy. Front Horm Res. 2009 ;37:32-51. Gooren L. Department of Endocrinology, VU University Medical Centre, Amsterdam, The Netherlands.

- Prostate cancer risk in testosterone-treated men. J Steroid Biochem Mol Biol. 2006 Dec ;102(1-5):261-6. Raynaud JP. Université Pierre & Marie Curie, 51 bvd Suchet, Paris 75016, France.


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